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View Full Version : Les defis de B. Obama



condor666
12-08-2008, 08:46 AM
l'élection de Barack Obama comme 44ème président des Etats-Unis aura de très grandes implications pour l'économie mondiale. Cet article se concentre sur les initiatives politiques les plus probables de son administration, lorsqu'Obama prendra officiellement les commandes de la première économie mondiale, le 20 janvier 2009. La conclusion est que les politiciens sont sur le point de répéter les mêmes erreurs politiques des années 30, et que l'administration du nouveau président a le potentiel de faire plonger l'économie globale dans une récession majeure.

Les défis incontrôlables

De nombreux défis attendent Obama, qu'il le veuille ou non*:

1. Les prix immobiliers continuent de chuter puisque la nationalisation des GSE immobilières (Government sponsored enterprises) n'a pas pu empêcher la baisse des taux hypothécaires. Un total de 26.8% de tous les prêts subprimes ARM (Taux hypothécaires ajustables) sont aujourd'hui «*sérieusement toxiques*» - c'est-à-dire que le paiement aurait du être réglé il y a 90 jours ou plus. Le pourcentage de prêts ARM hypothécaires toxiques a augmenté de 7.5%.
2. Le taux de chômage augmente en flèche. Nos estimations montrent que le taux de chômage aux Etats-Unis aura atteint 6.5% (actuellement à 6.1%) lorsque le président occupera officiellement le bureau ovale, et qu'il continuera d'augmenter jusqu'à 8% au cours de l'année 2009.**
3. Les revenus fiscaux en déclin, et cela depuis le début de l'année. Il est évident que la récession est entrée aux Etats-Unis. Il n'y aura aucun gains de capital pouvant être taxés en 2008 et 2009 (et après, puisque nous n'atteindrons pas le niveau des 1500 sur l'indice S&P avant longtemps). Les revenus liés à la taxation sur le revenu chuteront aussi considérablement, étant donné que les bonus et que le nombre total de travailleurs actifs vont eux aussi fortement diminués.
4. Les coûts vont augmenter. Le gouvernement fédéral va investir des centaines de milliards de dollars afin de récupérer des entreprises en faillite. De plus, il est prévu que les coûts des bénéfices de retraite, la sécurité sociale, et les aides et soins médicaux vont explosés d'ici 10 ans, mais il y a des chances pour que cette «*explosion*» arrive bien plus tôt que prévu étant donné que le chômage augmente, et que de plus en plus d'actifs choisissent de partir en retraite avant leur 65ème anniversaire.
5. La régulation va exploser. Une faillite majeure des marchés financiers comme celle-ci conduira automatiquement à une réponse politique plutôt dure. Il est impératif que les différents gouvernements réagissent afin de «*résoudre le problème*». Cela signifie qu'il est inévitable que le coût de fonder une entreprise deviendra de plus en plus élevé, tel que nous avons déjà pu l'observer après le passage de l'Acte Sarbanes-Oxley en 2002. Autrement dit, les avocats et les comptables ont un bel avenir devant eux.*

Tous les challenges exposés ci-dessus ne sont pas tous sous le control d'Obama. En d'autres termes, ils ne font pas parti de son programme politique et exigeront beaucoup d'attention et des financements, peu importe ce que le nouveau président élu a promis lors de sa campagne. Ces derniers défis amèneront immanquablement à un élargissement du déficit budgétaire national, qui est actuellement d'environ 3% du PIB. Nous pensons qu'entre 2009 et 2010, le déficit augmentera jusqu'à 10% du PIB. Notons par la même occasion que le déficit public américain avait atteint 5% du PIB lors de la dernière récession de 1992.

Les défis sous contrôle.

Avant les différents défis déjà mentionnés, Obama devra aussi obtenir le support financier et parlementaire afin de faire face aux différents problèmes, inhérents dans son programme, et exposés tout au long de sa campagne.

1. Obama a promis d'abaisser les charges sur les entreprises en dessous de 25% et d'en même temps élargir la base de la fiscalité sur les entreprises, et de boucher le trou fiscal. Nous pensons qu'il parviendra à obtenir le soutien politique nécessaire étant donné que les taux de taxation sur les entreprises aux Etats-Unis est aujourd'hui parmi les plus hauts dans le monde, et il devrait pouvoir bénéficier d'un large soutien politique pour ces mesures. Celles-ci ressemblant fort à celles exprimées par son ancien adversaire républicain, John McCain. Cette initiative sera un premier pas dans la bonne direction, et calmera surement les tensions économiques présentes actuellement dans les entreprises américaines.
2. Obama a aussi l'intention d'augmenter la taxe sur l'emploi de 102*000 $ actuellement à 250*000$. Il augmentera également l'impôt sur les membres de la classe moyenne supérieure et sur les fortunes dans le but de réduire l'inégalité entre les revenus. Cependant, Obama fait maintenant face à un très grand litige puisque les augmentations d'impôts sont extrêmement dangereuses lors de récessions économiques. Par conséquent, seulement une version allégée de cette proposition est possible.
3. Le nouveau président a aussi promis d'introduire une nouvelle réforme du système de santé, qui dans un premier temps aura pour but de couvrir la santé de chaque enfant, et de fournir un service premium relatif pour les familles à faibles et moyens revenus. De plus, le niveau général des services et de qualité devront répondre à la demande. Le coût total de ce projet est absolument astronomique, et la question de si Obama parviendra à le financer est très discutable. Si Obama ne modère pas ses projets liés au système social et à la santé, ce seul projet représentera un poids considérable dans les finances publiques, et il ne fera qu'empirer la dette publique.
4. Il a aussi promis de réduire l'inégalité entre les revenus. l'idée générale est de réduire les impôts pour les moins aisés, et l'état pourrait aussi subventionner ceux n'ayant aucun revenu. Plus les revenus sont hauts et plus les bénéfices liés à cette fiscalité seront faibles. La progression du système fiscale augmentera de manière drastique, et le reste restant au même niveau, le résultat sera inévitablement une croissance plus faible.
5. Il a promis d'introduire un système deprotectionnisme de l'industrie américaine copié sur le modèle européen. l'idée principale est de forcer les exportateurs étrangers d'adopter les standards environnementaux et éthiques américains et européens sans utiliser les «*anciennes mesures protectionnistes*», c'est-à-dire les tarifications catégoriques. Le résultat sera l'augmentation des prix à l'importation et plus d'inflation pour les pays d'économies émergentes qui sont aujourd'hui encore loin de respecter les standards environnementaux et liés au travail occidentaux. l'idée d'utiliser des barrières non tarifaires pour le commerce démontra qu'elle aura un plus grand impact sur les modèles du commerce international que les anciennes mesures protectionnistes tels que les tarifications. Parmi les leaders européens, Obama trouvera des partenaires disposés à appliquer de telles mesures, et par conséquence, le monde se trouve actuellement en face du risque majeur d'un déclin de la division du labeur, tel que nous l'avons vu dans les années 1930. Une autre façon de suivre une politique de protectionnisme sont les plans d'Obama de subventionner les entreprises qui créent des emplois aux Etats-Unis et pénaliser ceux qui exportent leurs ressources à l'étranger.
6. Obama a aussi promis de renforcer le rôle des syndicats et forcer les employeurs de mieux les accepter et de négocier d'avantage avec eux. Il souhaite aussi qu'il soit plus facile de faire grève et que les grévistes soient mieux protégés. De plus, il espère subventionner et augmenter le salaire minimum. Cette réforme n'est en aucun cas de bon présage. En particulier pour les années à venir, les Etats-Unis ont besoins d'un marché du travail plus flexible que jamais. Des syndicats plus puissants ralentiront les réformes nécessaires et amèneront à une migration des travailleurs des industries en déclin vers les industries les plus productives. De plus, il est parfaitement contre productif d'augmenter le salaire minimum dans un environnement économique désinflationniste et même possiblement déflationniste. Dépendant de la taille de l'augmentation, cette seule initiative a le potentiel de conduire à un taux de chômage massif similaire à celui atteint lors des années 30.

l'administration Obama pourrait rendre l'économie mondiale en danger*:

Afin de mieux pouvoir évaluer l'impact potentiel des réformes prêtes à êtres introduites par l'administration Obama, comparons la situation actuelle avec celle de 1929.

* La bulle fut créée par un excès de la politique monétaire de la part de Réserve Fédérale* et des taux d'intérêt artificiellement bas, qui amenèrent rapidement à une perception générale d'une richesse infinie (exactement comme aujourd'hui). Presque tout le monde était d'accord qu'à partir du moment où l'inflation des prix à la consommation était sous contrôle, il leurs était égal que la liquidité explosait.

condor666
12-08-2008, 08:47 AM
[SUITE]
* Le système bancaire commercial se trouvait alors au coeur de la crise ce qui a entraîné un profond manque de liquidités.

* La réforme nécessaire dans les années 30 avait pour principal objectif d'empêcher ou de freiner les faillites. Le chômage, les faillites et la déflation étaient perçues comme étant complètement inutile, et personne ne comprît l'importance que jouaient ces phénomènes dans le rétablissement de l'équilibre économique (comme aujourd'hui).

Notez que toutes ces dernières erreurs mentionnées ci-dessus furent ou sont sur le point d'être répétées par les administrations Bush ou Obama, ainsi que de nombreux autres gouvernements dans le reste du monde. Maintenant, observons les erreurs commises lors des années 30, et pouvant encore être évitées*?

* En 1930, la réponse politique à la déflation des salaires était de maintenir le salaire minimum* et de soutenir financièrement les industries qui évitaient de licencier malgré leurs pertes au jour le jour (en partie comme aujourd'hui). l'augmentation du salaire minimum et le soutien de l'unification du marché actif américain représentent tous les deux des risques majeurs, et peuvent facilement amener à une augmentation du chômage. Ceci peut encore être évité, mais malheureusement il se peut que l'administration Obama opte pour ses mesures, peu importe le niveau risque qu'elles représentent.

* l'approche politique pour répondre au mieux à la production industrielle et au taux de chômage élevé avec des mesures protectionnistes tel que «*Acheter américain*» (le programme Blue Eagle dans les années 1930) et l'Acte National Industrial Recovery (NRA), qui, il est bon de le signaler, fut dirigé par Hugh Samuel Johnson, un partisan du fascisme italien. Le fait que l'administration Obama veut imposer des barrières non tarifaires sur le commerce import export représente une menace majeure pour la division du labeur international. Le commerce global a diminué de 33% dans les années 30. Les estimations des initiatives protectionnistes indiquent que 13% de cette réduction fut dû aux tarifs, et 6% était dû aux barrières non tarifaires du commerce (le reste était dû à une contraction du PIB). Le mélange du souhait américain et européen d'imposer des barrières non tarifaires du commerce sous la forme de standards environnementaux et éthique relatifs aux conditions de travail est extrêmement dangereux, mais la probabilité que cela survienne est cependant très faible. Les banques centrales asiatiques détiennent aujourd'hui des capitaux de trésoreries très importants, et si leur économie, principalement dépendante de leurs exports, est frappée par le protectionnisme américain et européen,* ils peuvent envoyer la «*bombe nucléaire d'obligations*» sur les Etats-Unis* (autrement dit, ne plus acheter ou interdire la vente d'obligations américaines), ce qui amènerait à une explosion des taux à long terme. Il y a plus de chances pour qu'Obama tente de convaincre les dirigeants d'entreprises américains pour qu'ils soient forcés de respecter les standards éthiques ou environnementaux de leurs filiales implantées dans les pays asiatiques. l'effet qualitatif sera le même que l'imposition des tarifs, mais l'effet sera plus petit dans le sens quantitatif.

Conclusion

Il est malheureusement possible que les erreurs politiques majeures des années 30 soient répétées par les gouvernements actuels. Les réformes nécessaires ne seront que prises lors des 10 ou 15 prochaines années au lieu d'un ou deux ans. En d'autres termes, une autre décennie sera perdue - exactement comme au Japon dans les années 30. l'approche fondamentale de l'administration Obama est comparable aux administrations d'Hoover et de Roosevelt. Finalement, le seul point positif est que la détention des trésoreries asiatiques et une approche bien plus intelligente du commerce international de la part des conseillers économiques éviteront le protectionnisme lourd et contreproductif des années 30.